Etre salarié cadre en France en 2018, ça signifie quoi ?

18/05/2018 Nos actualités emploi

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Etre salarié cadre en France en 2018, ça signifie quoi ?

Qui n’a jamais entendu quelqu’un demander « Tu as le statut de cadre ? ». Drôle de question pourtant assez fréquente dans le monde du travail, quel que soit le secteur d’activité. Le marché de l’emploi cadre en France connaît une croissance exponentielle depuis plusieurs années, notamment en raison des nouveaux métiers qui ne cessent d’être créés. Mais qu’en est-il du célèbre statut de cadre ? Un petit point s’impose.

Quelles sont les particularités du statut de cadre ?

En France, en fonction du niveau de diplôme que l’on a, on peut prétendre au statut de cadre. En revanche, aucun texte officiel ne le définit clairement, il est alors difficile de savoir concrètement de quoi il s’agit. La seule chose commune à tous les salariés ayant le statut de cadre est qu’ils ont des responsabilités liées à la stratégie de leur entreprise.

Des horaires de travail aménagés

La loi Aubry 2, créée en 2000, a instauré un système de forfait destiné aux cadres. L’objectif étant de compenser les heures supplémentaires non rémunérées en leur attribuant des jours de récupération supplémentaires. Cependant, cela dépend des conventions collectives et peut induire un nombre diminué de RTT comparés aux autres salariés n’ayant pas le statut de cadre.

Une cotisation à la retraite différente

Tout salarié cotise auprès de caisses de retraite permettant de percevoir une pension lorsque sera venu le temps de raccrocher le tablier (ou le costume). Concernant les salariés ayant un statut de cadre, ils cotisent à deux caisses différentes, l’Arrco et l’Agirc, qui devraient fusionner au 1er janvier 2019. Même s’il cotise plus qu’un autre employé, un salarié cadre touchera une pension de retraite plus élevée.

Une période d’essai et un préavis plus longs

En dehors de l’aspect financier qu’offre le statut de cadre, il est toujours bon de rappeler que les choses changent juridiquement. En effet, en passant cadre, la période d’essai dure 4 mois, contre 3 ou 2 en fonction du statut des salariés. Enfin, la durée du préavis est triplée, passant de 1 à 3 mois. En cas de licenciement, cette période peut être un soulagement mais en cas de démission, cela peut sembler très long et compliqué à gérer.

Un régime de prévoyance spécifique

Afin de protéger les salariés ayant un statut de cadre, les employeurs doivent respecter une convention collective qui impose le versement d’une cotisation pour assurer une couverture en cas de décès. Cela n’est pas le cas pour les employés non-cadres.

Un accompagnement particulier en cas de chômage

Si vous êtes cadre et que vous vous retrouvez au chômage, vous pouvez bénéficier d’un suivi personnalisé de la part de l’Apec. Vous accédez à des ateliers vous permettant de créer un CV efficace, une lettre de motivation ou encore de réussir vos entretiens d’embauche.

Le statut de cadre est-il obsolète ?

Depuis les années 80, le nombre de salariés ayant le statut de cadre a doublé d’après Denis Monneuse, sociologue et auteur du livre Le silence des cadres. Enquête sur un malaise. Pour lui, « être cadre a ainsi beaucoup moins de sens aujourd’hui ». Et on peut le comprendre quand on sait que certaines entreprises proposent le statut cadre à leurs équipes dans l’unique but de les passer au forfait jour. Pour autant, ils n’ont pas les responsabilités attendues, ni le pouvoir et l’autonomie qui définissent historiquement le statut.

Ce qui est certain aujourd’hui, c’est que les cadres sont davantage attachés à la valeur symbolique renvoyée par le statut plutôt que ce qu’il implique. D’après une récente étude réalisée par l’IFOP, 77% des cadres considèrent qu’une différence entre cadre et non-cadre persistent au sein de leur entreprise.

On ne peut donc pas parler d’obsolescence du statut de cadre mais plutôt d’une redéfinition, de changements qui modifient considérablement le sens premier qui lui était donné. A ce sujet, les syndicats ont lancé une négociation pour redéfinir le statut de cadre. Les réunions qui ont eu lieues début 2018 semblent ne pas avoir abouti à un accord. Affaire à suivre…

En France, il existe neuf types de salariés cadres distincts

On parle du statut de cadre pour définir les personnes qui ont des responsabilités et qui bénéficient des avantages cités précédemment. En revanche, ce que nous sommes nombreux à ignorer, c’est qu’il existe neuf types de statuts cadres différents.

Les cadres dirigeants

Ils représentent 5% de l’effectif cadre d’après l’Apec. Ils sont en haut de l’échelle du statut cadre et perçoivent des rémunérations plus élevées que les autres salariés.

Les cadres supérieurs

Ils encadrent des collaborateurs qui eux aussi ont le statut de cadre. Ils sont considérés comme des managers de haut niveau et ont une qualification élevée. Ce sont souvent les représentants des entreprises lors de déplacements internationaux.

Les cadres experts

Ils ont la particularité d’alterner entre statut de salarié et de prestataires de service, notamment parce qu’ils maîtrisent leurs métiers et qu’ils sont ultraspécialisés.

Les cadres managers

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, tous les managers ne sont pas cadres. En revanche, ceux qui le sont, ont des missions de management importantes.

Les chefs de projet 

Ils sont les coordinateurs entre les équipes et interviennent lors de missions ponctuelles. Ils se chargent des relations avec les prestataires extérieurs, les intervenants ou les partenaires.

Les cadres techniques

Souvent considérés comme des ingénieurs, les cadres techniques sont spécialisés dans des métiers particuliers et n’ont pas de rôle de direction.

Les cadres fonctionnels

Ils sont chargés de toutes les fonctions support (RH, contrôle de gestion, communication…) et ont des responsabilités importantes, notamment juridiques et financières. Les cadres commerciaux sont régulièrement en déplacement et ont un niveau de qualification inférieur à la moyenne des salariés cadres.

Les assimilés cadres

Ces salariés particuliers travaillent à des horaires fixes. Ils occupent des postes très variés et concernent des agents de maîtrise ou des techniciens. En revanche, ils cotisent au régime de retraite complémentaire des cadres.

Finalement, la principale différence entre ces neufs statuts propres à l’emploi cadre réside dans les responsabilités endossées. Lorsqu’un employeur propose à un salarié de passer cadre, il s’agit d’une sorte de promotion. Cela prouve que vous avez les capacités nécessaires pour prendre des décisions importantes. En revanche, cette proposition doit être acceptée ou refusée en toute connaissance car elle peut impliquer des changements.

L’emploi cadre continue son développement en France

Selon le dernier baromètre trimestriel de l’Apec réalisé à partir d’un panel de 750 entreprises du secteur privé, 6 sociétés sur 10 ont recruté au moins un cadre au cours des 4 premiers mois de l’année 2018. Pour le second trimestre à venir, 59% des entreprises envisagent de recruter au moins un cadre supérieur tandis que 74% sont convaincues de le faire.

Des profils diplômés mais ayant peu d’expériences professionnelles

Concernant le profil recherché, 91% des entreprises interrogées ciblent des cadres ayant 5 à 10 ans d’expérience et 81% ayant 1 à 5 ans d’expérience. Les métiers de l’ingénierie, de la recherche et du développement ou encore de l’informatique sont principalement concernés par les prévisions de recrutement. Au total, près de 60% des recrutements prévus en 2018 seraient pour des profils de 1 à 10 ans d’expérience. Il semblerait donc que le nombre d'années d'expérience n'ait pas plus d'importance que le niveau scolaire.

Le recrutement de cadres concerne tous les secteurs d’activité et les régions françaises

Toujours d’après une enquête réalisée par l’APEC, les entreprises prévoient de recruter entre 248 000 à 271 000 cadres, particulièrement dans les secteurs des services, de l’informatique et de la télécommunication, de l’ingénierie-R&D ou encore dans les activités juridiques et comptables. Quant au secteur de l’industrie, il est également concerné, notamment dans les métiers de la mécanique-métallurgie et des équipements électroniques pour lesquels les prévisions d’embauches sont très élevées. L’emploi cadre est en pleine émergence en raison des nouveaux métiers et champs d’expertise qui arrivent, souvent liés à la transformation numérique que doivent opérer la grande majorité des sociétés françaises pour répondre aux exigences de leurs clients et utilisateurs.

L’ensemble des régions françaises sont concernées, allant des Pays de la Loire à la Corse, en passant par la Bretagne et la région Auvergne-Rhône-Alpes. En 2018, c’est l’ensemble de notre pays qui prévoit de redynamiser l’économie en recrutant des professionnels de l’emploi cadre.

Des compétences à apprendre au quotidien

Les cadres doivent maîtriser de nouvelles compétences, notamment transverses. Par exemple, on ne demande plus d’être expert(e) dans un domaine précis, mais d’être capable d’appréhender les impacts des nouvelles réglementations et de poser les bonnes questions aux interlocuteurs dédiés. Cela concerne la maîtrise des outils digitaux, de la modélisation et du traitement des données, la gestion de projets, ou encore la démarche RSE.

Pourquoi les acteurs de l’emploi cadre sont très rarement en grève ?

D’après le sociologue Denis Meonneuse, auteur d’une étude sur Le silence des cadres - enquête sur un malaise, ces salariés font grève 0,8 seconde par an en moyenne ! Cette spécificité est due à la culture du statut qui, créée après la Seconde Guerre mondiale, avait pour but de distinguer les cadres des ouvriers. Parce qu’ils étaient en relation avec la direction de leurs entreprises, les cadres avaient moins de raisons de faire grève. Même si les mentalités ont évolué, l’emploi cadre compte très peu de grévistes, notamment dans les sociétés du secteur privé. Ainsi, pour manifester leur mécontentement et faire leur revendication, les cadres profitent des entretiens annuels avec leurs supérieurs.

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